On continue le tour de ma bibliothèque rock avec 4 bouquins sortis chez l’éditeur Camion Blanc.
Ian Curtis & Joy Division – Histoire d’une vie
Par Deborah Curtis
Fans absolus de Ian Curtis fuyez ce livre ! Écrit par Deborah Curtis, la femme de Ian, on ne peut pas dire que l’image du chanteur de Joy Division en sort bien grandit…
Dépressif, colérique, égoïste, ignorant quasi-totalement femme et enfant, il en prend pour son grade le père Ian. Madame vide son sac et ça fait mal. Celà dit on est loin de l’article « presse-people » quand même. Deborah s’essaye à faire un portait au plus proche de ce qu’elle a vécu avec l’homme qu’elle a aimé et détesté et s’en sort plutot bien.
C’est (très) glauque, (très) triste mais très intéressant. Sans doute ce qui a été écrit de mieux sur Curtis.
A noter que c’est essentiellement sur ce livre que c’est basé Anton Corbijn pour son biopic « Control ».

Motörhead – La fièvre de la ligne blanche
Par Lemmy Kilmister avec Janiss Garza
Beaucoup plus flaboyant, l’auto-biographie du grand Lemmy est un livre jouissif !
Voilà un type qui, loin d’être un intellectuel a eu l’intelligence instinctive suffisante pour traverser (presque) indemne l’histoire d’un rock pourtant jalonné de cadavre.
C’est que le garçon, dès le départ se fixe des règles, des limites. Beaucoup plus loin que celle de n’importe qui, mais ses limites à lui et il s’y tiens. Preuve en est que ça a marché puisqu’à plus de 60 balais Lemmy est toujours accroché à sa basse.
Il nous raconte tout ça, souvent de manière hilarante, les anecdotes succédant à ses réflexions, passant en revue une vie mené à toute allure avec un franc-parlé rare.
Un livre à mettre entre les mains de tous gamins qui rêve de devenir une rock-star !
Brillant !

Noir Desir – Tout est là
par Sébastion Raizer
Voilà typiquement le bouquin que je qualifiais de « à moitié bon »….
Si tous ce qui est biographique et anecdotique est parfaitement mené, très bien renseigné et donc très intéressant à lire, de longues analyses de l’oeuvre, dans un style quasiment universitaire et (forcement) subjectif m’ont carrément ennuyé.
J’avoue n’avoir jamais vraiment aimé qu’on me dise ce qu’il faut penser de telle ou telle œuvre. Et franchement, en matière de rock, art populaire s’il en est, le décorticage systématique et médical d’un morceaux ou d’un album tiens souvent plus de la masturbation cérébrale qu’autre chose.
Néanmoins le livre reste sympathique rien que pour la foule de documents et photographies qu’il compile et les très nombreux extraits d’interviews qui mettent en lumière les choix, souvent radicaux, du groupe bordelais.

Black metal satanique – Les seigneurs du chaos
Par Michael Moynihan et Didrik Soderlind
Disons-le tout de suite, le black metal est loin d’être ma tasse de thé….
Pourtant ce livre m’a passionné.
Plus d’un point de vu sociologique que musicale d’ailleurs. Car le fond est là… une jeunesse norvégienne, écrasée sous le poids d’une société rétrograde et d’un ennuie profond plonge dans la musique pour oublier tout ça. Mais des costumes grand-guignols et d’une mythologie de bric et de broc, très vite on bascule dans la folie complète. Guerre sanglante entre les groupes, assassinat, suicide, crimes racistes et homophobes, nazisme, profanation… La pauvreté intellectuelle des protagonistes les fait passer de la simple provocation à l’acte réel dans toute sa gravité.
Rarement, voir jamais, un mouvement de jeunesse n’avait connu un tel basculement dans le sordide. Ce qui fait de ce livre un témoignage fort, étayé de nombreux documents rares.